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12 août 2012 7 12 /08 /août /2012 17:02

Phaco

     Mania Dala, 11 août 2012 à 9h. Nous arrivons maman et moi au milieu d'un océan de verdure, qui contraste tellement avec le sol nu des mois précédents ! Phacos, babouins et grands calaos profitent de l'eau, de la boue et de la nourriture abondante. Nous faisons un petit tour en espérant apercevoir une gazelle, mais avec l'herbe haute et humide, les conditions ne sont pas favorables... Mais peu importe, la nature est belle, et près de la marre les abeilles s'activent sur les Cyanotis, ces magnifiques petites fleurs bleues qui ne poussent que pendant l'hivernage.

 

claire-copie-1

 

Abeille

 

     Le travail reprend donc pour les abeilles, après une saison sèche difficile et une production de miel très réduite malgré les nombreuses ruches peuplées cette année. Près de 100L commercialisés cette année, aussitôt vendus tant le "Limbam Boundou" commence à être connu dans la zone. Espérons que la prochaine saison sera meilleure pour nos butineuses et que les apiculteurs du Boundou pourront augmenter leur production si appréciée.

 

     Le travail reprend aussi pour nos pintades, qui ont commencé leur ponte et qui ensevelissent d'oeufs nos éleveurs. A Koussan, Oumar et Samba comptent bien réussir cette année : ils ont cette fois-ci acheté des poules couveuses et mutualisés leur pintades. Une poule couve actuellement... Oumar est confiant !

 

 

poule couveuse

 

 

oeufs limousin

 

     Et puis une nouvelle "cargaison" de 150 oeufs du Limousin sont tout juste arrivés à bon port (via ma maman et grâce à Jean-Marie :-)) afin de retenter l'expérience d'introduction de la race Limousine chez les éleveurs de la RNC. Après en avoir laissé 135 dans la couveuse de Sadio Cisse à Tamba, nous avons apporté une douzaine d'oeufs chez Diappa, à Seno Thiekoye, pour tester la couvaison directement sous la poule dans la réserve !

 

     Normalement, les premiers poussins sont attendus à partir du 31 août... Je ne serai malheureusement pas là pour les voir, car je quitte maintenant le Boundou après 5 ans de mission en tant que Volontaire de Solidarité Internationale. Une page se tourne donc, mais l'aventure de la RNC du Boundou continue, avec je l'espère de nouvelles actions et beaucoup de réussite !

 

 

Longue vie à la RNC du Boundou

 

.... et à bientôt surement, pour de nouvelles aventures sénégalaises !!!!

 

 

 

 

26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 19:41

 

Lettre 12 couv

 

Sommaire :

 

Editorial : Hubert Ndeye, Secrétaire général de la Région de Tambacounda, Secrétaire exécutif du CORENA

>> Premiers résultats de l'étude sur la flore

>> Des espèces ligneuses menacées ou en "situation difficile"

>> Un compte pour le Fonds d'appui de la RNC

>> Un poulailler scolaire à Goundafa

 

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24 juillet 2012 2 24 /07 /juillet /2012 10:12

Poulailler Goundafa

     Le voilà enfin, le beau poulailler de l'école de Goundafa ! Il est vrai que les élèves l'attendaient depuis longtemps car nous avions eu quelques difficultés à acheminer le matériel jusqu'au dernier petit village au Sud de la RNC, le long de la Falémé. Mais à peine le matériel arrivé, les enfant, aidés par leur enseignant Babacar Diouf, par les villageois et par notre Vice-président du GIE Mamadou Diakhité, construirent rapidement leur poulailler destiné à l'élevage de pintades. Une première expérience de poulailler scolaire dans la réserve, géré par les élèves et dont les bénéfices de la vente des pintades reviendrait directement à l'école (achat de fournitures ou de compléments pour la cantine scolaire).

 

     De passage à Goundafa spécialement pour voir l'évolution du projet, nous avons pu, Abdoulaye et moi, constater la bonne réalisation de l'ouvrage, le respect du modèle et la sécurité des lieux. Les conditions sont donc maintenant bien réunies pour recevoir les 3 premières pintades promises pour initier l'élevage. Il était temps, car la saison de ponte a bel et bien commencé dans les autres élevages de la zone et qu'elle ne dure que quelques mois... Pour faciliter l'acquisition des pintades, nous sommes ensuite retourné à Toumboura, pour réserver 1 mâles et 2 femelles dans les élevages les plus proches. Une occasion de vous donner quelques nouvelles des autres élevages...

 

pintadeaux 2012

Canard 2012

Canard Diakhite

     Comme je vous le disais, les premiers pintadeaux 2012 sont arrivés ! Une première couvée de 8 pintadeaux menés par leur maman poule parcourt déjà la concession familiale de Mamadou Diakhité à Toumboura. Et la petite nouveauté de l'année, c'est que les canards sont aussi mis à contribution pour la couvaison des oeufs de pintades ! Un premier test qui peut être intéressant car une canne peut couver plus d'oeufs qu'une poule évidemment... Une affaire à suivre...

 

     Du côté de chez Fode Seyni Diakhite, nous retrouvons notre dernier Coq du Limousin, qui tel le dernier des Mohikans résiste fièrement au milieu des autres poules locales. Car pour tout vous dire, nos poules et nos coqs du Limousin introduits l'année dernière n'ont pas survécu aux durs mois de canicules d'avril et mai. Une difficulté à supporter la chaleur excessive ? Des carences alimentaires ? Une sensibilité plus forte aux maladies locales ? Pas simple de savoir ce qui a pu causer la perte des Limousines, qui pourtant au départ semblaient bien se plaire dans la zone.Chez Diappa à Koussan, l'unique poule restante a enfin repris ses plumes après les avoir toutes perdues pendant la saison sèches, et semble enfin en meilleure forme.

 

     Une grosse perte qui a bien évidemment attristé les éleveurs de la RNC, mais qui ne les a pas découragé pour autant : en effet, les croisements effectués entre les coqs du Limousin et les poules locales ont donné des poussins en très bonne santé et bien plus gros que les poussins 100% locaux ! Les éleveurs sont donc prêt à réitérer l'expérience car ils ont vu qu'il est possible d'améliorer leur production locale. Ils ont également compris que le complément alimentaire, qui peut être fait maison, a permis d'augmenter le poids de leur volaille et même d'augmenter le nombre d'oeufs pondus dans l'année. En tout cas, l'aventure continue !

 

Dernier lim

Coq du Limousin de Fode Seyni Diakhité

Croise 2

Poussins croisés Limousine x Locale

Croise 1

Poussin croisé Limousine x Locale

 

poussins

Poussins 100% locaux... ils ne sont pas adorables aussi ?

 



7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 14:33

fonds appui1

     Ce vendredi  6 juillet, devant le Crédit Mutuel du Sénégal de Goudiry, le bureau du comité de crédit était enfin réuni pour créer le compte bancaire du fonds d'appui. Une rencontre qui symbolise le démarrage officiel des activités d'appui aux activités économiques dans la RNC du Boundou ! Car enfin, les fonds collectés via le PNR de Millevaches pourront être virés sur le compte du fonds d'appui, et ainsi alimenter les premiers dossiers de demande de crédit des éleveurs de la réserve.

 

     Merci donc aux premiers donateurs du fonds d'appui, qui rendent aujourd'hui possible un soutien financier direct pour les GIE des éleveurs, des apiculteurs et des groupements de femmes de la RNC ! Il est vrai que le processus de mise en place du fonds d'appui fut long, et pour cela, je me dois de vous expliquer en détail par quelles étapes nous avons dû passer afin de garantir une gestion locale des fonds...

 

     Tout d'abord, il fallut travailler sur un manuel de procédure définissant l'organisation du fonds d'appui, ses structures et ses modalités de création. Il fallut ensuite présenter ce manuel dans les 4 zones de la réserve, pour que l'ensemble des populations concernées puissent comprendre comment elles seraient concrètement impliquées. Puis, au niveau de chaque GIE (des apiculteurs et des aviculteurs), nous dûmes représenter le manuel et les aider à choisir des représentants pour chacun des comités du fonds : le comité de crédit et le comité de suivi. Le même travail fut fait au niveau des conseils ruraux. Enfin, une assemblée générale constitutive fut organisée le 9 juin dernier à Koussan, village siège de la RNC du Boundou, afin de désigner les membres du bureau du comité de crédit et du comité de suivi. Bref, un énorme effort d'animation qui explique que plusieurs mois furent nécessaires pour aboutir à la création officielle du fonds d'appui de la RNC du Boundou.

 

     Il faudra maintenant appuyer les bénéficiaires du fonds à remplir leur dossier de demande de crédit, en détaillant leurs besoins mais surtout comment leur activités auront un impact positif sur la préservation de l'environnement. Car n'oublions pas le principe de base qui est d'aider les populations de la RNC à démarrer des activités économiques durables et en adéquations avec les règles de préservation de la réserve. Ensuite, ce sera au comité de crédit de jouer, en étudiant chaque dossier et en acceptant ou non les demandes en fonction de leur pertinence. Précisons également que chaque demande individuelle devra au préalable obtenir la caution solidaire du groupement dont le demandeur est membre.... afin de garantir un remboursement des prêts quoiqu'il arrive. Simple non ?

 

Bon, je vous fait un petit exemple pour être sûre que la leçon est bien comprise...

 

     Imaginons que Mamadou Camara de Talibadji, qui rêve de monter un petit élevage de pintades, demande un prêt de 60 000 Fcfa pour construire son poulailler et acheter ses première pintades. Samba Kante de Koussan, qui a déjà initié un élevage l'année dernière, demande un prêt de 10 000 F cfa pour acheter des poules afin de faire couver les oeufs de pintades. Mamadou et Samba devront tout d'abord remplir leur dossier de demande et se présenter au président du Groupement Sisse ni Kamo (notre ami Diappa ;-)) qui étudiera leur demande avec les autres membres de son bureau. Si les demandes sont pertinentes et que le GIE a confiance en ces 2 éleveurs, alors le président du GIE mettra son cachet sur leur dossier : le GIE se portera garant du bon remboursement des sommes prêtées par le fonds d'appui.

 

     Une fois cette première étape réalisée, nos 2 amis Mamadou et Samba déposeront leur dossier au niveau du comité de crédit, et attendront leur prochaine réunion (chaque trimestre) pour savoir si leur demande est acceptée au non. En fonction des moyens disponibles, de la pertinence de l'action, du sérieux du demandeur... les 10 membres du comité rendront leur verdict. Si Mamadou et Samba ont de la chance, ils recevront la somme demandée ainsi qu'un plan de remboursement détaillant le montant à rembourser et la durée du prêt. Si les fonds sont limités, peut-être que Mamadou devra attendre le remboursement d'autres prêts avant de pouvoir en bénéficier à son tour. Voilà en gros comment cela devrait se passer.

 

 

Allez, un petit test pour voir si vous avez compris : (réponses en bas, sous la photo) :

 

1) Un groupement de femmes de Koussan fait une demande de prêt pour cultiver un champ de pastèque. Il aura besoin d'un clôture, de graines, mais aussi de pesticides car les insectes attaques facilement après l'hivernage... aura-t-il un prêt ?

 

2) Un apiculteur de Dakaba, village périphérique de la RNC, souhaite avoir un prêt de 100 000 Fcfa pour acheter une tenue d'apiculteur et un enfumoir afin de ne plus utiliser le feu pour la récolte sauvage du miel. Pourra-t-il bénéficier d'un soutien du fonds d'appui ?

 

3) Issa a reçu un prêt de 10 000F pour acheter 3 pintades, mais un chien vient de manger le mâle. Plus d'espoir de reproduction cette année... donc de rembourser le prêt... que peut-il faire ?

 

4) Abdoulaye Kante, Samba Kante et Alassane Kante de Koussan déposent chacun une demande de prêt de 25 000 Fcfa pour racheter une nouvelle ruche kennyane. Pourront-ils tous l'obtenir ?

 

5) Mamadou Sow et Salif Sow de Ndiarendi demandent un prêt de 50 000 Fcfa pour créer un enclos commun pour protéger leur 2 troupeaux de pintades. Seront-ils financés ?

 

 

fonds appui2

Le bureau du comité de crédit, réuni au CMS pour la création du compte du fonds d'appui.

De gauche à droite : Sanba Kante (Président), Aminata Sy (Trésorière), Alassane So (Secrétaire)

et Abdoulaye Kante (Garde animateur de la RNC)

 

 

Réponses possibles :

 

1) Un groupement de femmes d'un des village de la RNC est eligible. Un projet agricole l'est aussi. La culture de pastèque en fin d'hivernage ne demande pas d'arrosage. Cependant, l'utilisation de pesticides industriels n'est pas adapté... le dossier ne pourra être accepté tant que le groupement ne modifie pas les points qui ne sont pas adaptés. Par exemple, l'utilisation de graines de Neem pourrait être proposé comme solution alternative (pesticide naturel). Un appui technique peut donc être recommandé par le comité avant d'octroyer les fonds.

 

2) Le village de Dakaba ne fait pas partie de la RNC. Cet apiculteur pourrait éventuellement être appuyé s'il adhère au GIE des apiculteurs de la RNC, mais il ne sera pas prioritaire et il faudra également que GIE apporte sa caution. La charte du GIE Limbam Boundou demande à chaque adhérent de limiter au maximum la récolte sauvage afin de na pas risquer de tuer les essaims sauvage. Encourager un apiculteur à porter une combinaison est bien (plus de risque de feux de brousse), mais l'aider à acquérir une première ruche, même traditionnelle, est aussi nécessaire.

 

3) Issa, n'a pas eu de chance... mais il a le soutien de son GIE Bamtarre Sisse ni Kamo, qui pourra lui proposer des solutions de secours selon le contexte. Il peut mettre ses femelles en commun avec un autre éleveur, emprunter un mâle le temps de la saison de reproduction... Dans le pire des cas, son GIE devra rembourser la somme au fonds d'appui.

 

4) Dans la famille Kante, 3 personnes font une demande en même temps... le comité de crédit devra être vigilant afin de ne pas privilégier une famille ou un village. Une des 3 personnes pourra obtenir un prêt, les autres devront sûrement attendre les prochains comités. Le comité de crédit est composé de représentants des 4 communautés rurales de la RNC et des 2 GIE existants à ce jour. Ces représentants viennent des 4 zones de la RNC. Ainsi, les risques qu'une activité ou un village soit privilégié sont limités.

 

5) Mamadou et Salif sont de la même famille mais proposent un projet commun. Cette solidarité entre 2 éleveurs est un point positif que le comité de crédit peut chercher à encourager. La mise en commun à petite échelle (entre 2 ou 3 éleveurs) peut diminuer le coût d'une activité et augmenter les chances de réussite. Il faudra toutefois s'assurer que les matériaux souhaités pour la construction soient les bons : pas de coupe de bois vert, pas de poutres en palmier rônier (espèce protégée). S'ils incluent la plantation d'une haie vive pour renforcer leur enclos, leur dossier sera alors privilégié.

 

 

 

5 juin 2012 2 05 /06 /juin /2012 16:40

AVN1

 

     Après "les PCR en Isère" et "les PCR à Keur Bamboung", les voilà repartis pour de nouvelles aventures aux confins du Fouta, le pays des moutons et des Acacia senegal. Mais qu'allait donc faire faire nos vaillants PCR et leur fidèle équipe technique jusqu'à Matam, en pleine canicule du mois de juin ? Eh bien on leur avait parlé d'une mystérieuse "Maison des énergie alternatives", à Sinthiou Bamambé, entièrement construite en terre crue locale. Pas de bois, pas de fer, pas de ciment, que de l'argile... Etait-ce possible ? Il fallait le vérifier... car si c'était vrai, le Boundou en aurait surement besoin.

 

     C'est ainsi que dès 5h30 ce lundi matin, Boubacar et moi partîmes de Tamba en Mini-bus, en prenant en chemin toute notre équipe : Goudiry, Bani Peli, Kidira, Bakel... déjà 4h30 de route et encore 100km jusqu'à Sinthiou Bamambé, en direction de Matam. Une route difficile qui nous pris encore 2h30. Enfin arrivés à Sinthiou Bamambé, on nous dirigea vers la "Galle Thiangol" comme on l'appelle ici. Pour ma part, j'avais déjà vu quelques photos du bâtiment, mais je fus aussi surprise que tout le monde de découvrir cet ensemble impressionnant par sa taille et sa qualité de réalisation.

 

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     La voûte nubienne n'est pourtant pas née d'hier. Les premières constructions utilisant cette technique datent de l'antiquité, dans l'ancienne Nubie. Le principe est simple : des briques en banco (argile) montées en larges murs porteurs (60 cm), sur lesquels repose un arc de briquettes en banco qui s'étend sur toute la longueur de la voûte. Ainsi, plusieurs voûtes peuvent être juxtaposées pour créer de vraies maisons avec plusieurs pièces. Les expériences actuelles ont même permis de créer des maisons à étage. La seule contrainte est la largeur de la pièce : des lois de la physique que je ne peux pas vous expliquer fixent la largeur maximale d'une voûte à 3,25m (plus généralement 3m). Sinon, la voûte s'effondre. Et puis il faut aussi s'assurer de choisir une très bonne argile, qui garantira la qualité des briques et de l'enduit.

 

     Bien que cette technique soit connue depuis longtemps, ce n'est que récemment qu'elle a été revalorisée en Afrique de l'Ouest par l'association "la Voûte Nubienne" (AVN), afin d'apporter une alternative de construction économique, écologique et confortable, accessible à tous :

 

>> Economique tout d'abord, car elle n'utilise que des matériaux locaux : cailloux pour les fondations et argile pour le reste. Les calculs actuels concluent que les bâtiments réalisés en voûte nubienne coûtent 3 fois moins cher que leur équivalent en béton. En moyenne, il faut compter 40 000 Fcfa / m2 au sol. Ainsi, une petite maison de 2 chambres, 1 salon, 1 salle de bain et 1 cuisine coûte environ 3 000 000 Fcfa (4 500 €), plus ou moins selon les finitions choisies.

 

>> Ecologique surtout, car il n'y a pas besoin de bois, ni de paille, des matériaux locaux qui deviennent rares dans certaines régions. Mais aussi parce qu'il n'y a pas besoin de ciment ni d'autres matériaux importés, dont la fabrication pollue l'environnement.

 

>> Confortable enfin, car l'argile garde la frâicheur, contrairement aux bâtiments en béton avec un toit en tôle. Et quand il fait 40°C plus de la moitié de l'année, c'est un argument non négligeable !

 

 

     Si les Voutes nubiennes sont aujourd'hui bien développées au Burkina Faso et au Mali, les expériences au Sénégal n'en sont qu'au début. Pour plus d'infos sur les voutes nubiennes et AVN, consulez leur site Internet : http://www.lavoutenubienne.org/

 

AVN4

AVN5

     Une fois extirpés du mini-bus, le représentant de DAO, Oury Diallo, nous installa rapidement sous le thialy (lui aussi en voûte nubienne), car les 47°C en plein soleil de midi n'étaient pas vraiment favorables à faire le tour du propriétaire. Oury était accompagné de Richard Somda, maçon nubien venu du Burkina et travaillant pour AVN. A eux deux, il nous firent un petit résumé de leur expérience au Sénégal.

 

     L'objectif du travail d'AVN est, au delà de construire des voutes, de former des maçons à cette technique et de sensibiliser les populations locales afin de créer de nouveaux marchés. Ainsi, le projet de Sinthiou Bamambé fut un chantier école pour des maçons locaux, formés par des maçons burkinabé expérimentés. A ce niveau, Richard nous expliqua les niveaux de qualification des maçons VN, allant de de 1 à 5 (un peu comme les étoiles au ski ou les galops en équitation...) :

 

Niveau 1 : le maçon sait faire de bonnes briques en banco et les passent

Niveau 2 : le maçon sait faire les arcs qui initient les voûtes

Niveau 3 : le maçon sait "tirer la voûte" d'un bout à l'autre

Niveau 4 : le maçon sait gérer un chantier complet

Niveau 5 : le maçon sait gérer plusieurs chantiers (comme Richard)

 

     Cependant, Oury et Richard avouèrent que la tâche avait été rude pour former des maçons sénégalais : la quasi totalité des maçons locaux qui avaient commencé la formation avaient malheureusement désisté petit à petit, et avaient dû être remplacés par des maçons de Thiès et Kolda. Pourquoi ? Car le travail est dur et très long. Et qu'un Sénégalais, voyez-vous, n'aime pas la difficulté. Un maçon "béton" gagne bien en peu de temps, les marchés sont nombreux... pourquoi perdrait-il son temps à apprendre une autre technique qui lui demande plus d'effort et lui prend plus de temps ? Ah, si les clients voûte nubienne apparaissaient, peut-être que... Mais comment avoir des clients s'il n'y a pas de maçons compétents ?

 

     Comme quoi, la vulgarisation de cette technique n'est pas si simple, et qu'elle doit toucher aussi bien les futurs clients que les entrepreneurs et les maçons. Au Sénégal, et c'est malheureux de le constater, les populations locales comptent exclusivement sur leurs migrants pour investir dans l'immobilier. Et ces derniers se doivent de construire en béton, signe de richesse de la famille. Peu importe que cette maison soit peu esthétique, qu'elle ne soit pas habitée la plupart du temps car bien trop chaude... c'est une maison en béton ou rien, et les migrants s'endêtent souvent pour satisfaire à cette "règle" qui leur est imposée.

 

     Je sais que des migrants me lisent en ce moment... s'il vous plait, réfléchissez à cette nouvelle opportunité que vous avez de construire autrement, regardez les photos de l'album ci-dessous et dites-moi si cela ne vaut pas le coup de tester ? Ah, peut-être que certains sont sceptiques, je comprends, un toit en terre ça peut s'effondrer... Eh bien sachez que les villageois viennent systématiquement regarder la maison des énergies lors des violents orages, en attendant que les voûtes s'écroulent, mais jusqu'à présent, rien n'est tombé ! Et Richard d'ajouter que les premiers bâtiments au Burkina qui datent de 1998 sont encore bien en vie.

 

AVN6

     Quoi qu'il en soit, toute notre équipe fut conquise par cette visite. Si nous avions eu 3 000 000 F sous la main, nous aurions signé avec Richard tout de suite ! Je connais même un certain Kanté qui ne rêve que de construire en voûte nubienne depuis lors... je dis juste ça au cas où un autre Kanté en France serait intéressé ;-)

 

     Confortablement installé sur la place avant du Mini-bus qui nous ramenait à Tamba, notre Président Kane, un verre de jus de bouye maison dans une main et un de mes muffins aux raisins dans l'autre, eut le mot de la fin : "Ah ça, c'était une bonne journée !"

 

... Voilà qui est bien résumé,

 

... et qui valait bien les 14h de route ! ;-)

 

 

Pour plus de photos : regardez l'album sur Picasa !

AVN4


 

 

 

 

28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 14:54

BB JG 1

 

     Depuis 5 ans que je suis à Koussan, j'en ai vu des enfants passer devant la maison en criant "Kélère, Kélère, Kélère...!". Certains s'amusaient à lancer des cailloux dans la cours, d'autres à m'espionner derrière les palissades... et même certains osaient venir me narguer en torturant de pauvres oiseaux qu'ils avaient shootés au lance-pierre ! Mais heureusement, cette époque est aujourd'hui révolue.

 

     Il y eut tout d'abord le club nature "Les hirondelles de Koussan", mené par Issa Kanté, qui lutta activement contre les tueries d'oiseaux au lance-pierre... avec un certain succès je dois dire ! Mais il y a maintenant une nouvelle génération d'enfants, ceux qui sont nés après la création de la RNC qui suivent avec un grand intérêt le travail de leur papa dans la réserve ! Et en tête de liste bébé Jean-Guy, deux ans et demi, fils d'Abdoulaye Kanté et de Kadidja, qui suit fièrement les traces de son père.

 

     C'est ainsi que le week-end dernier, alors que nous nous préparions pour la récolte du rucher de Koussan, Bébé Jean-Guy, nous fit une fixation sur les bottes et la tenue d'apiculteur d'Abdoulaye. Il faut avouer que bébé Jean-Guy a hérité de la détermination et de l'énergie inépuisable de son célèbre homonyme, Jean-Guy Bayon (encore un des mystères africains qui m'échappe !). Autant dire que rien n'arrête Bébé Jean-Guy. Nous l'aurions amené avec nous dans le rucher ce soir là, je crois qu'il n'aurait même pas eu peur des abeilles !

 

BB JG 2

 

     Ce dimanche, je rendis également visite à Oumar SAO et à sa femme, qui venait d'acoucher d'un petit garçon. Celui-là mettra surement plusieurs années avant d'empreinter la tenue d'écogarde de son père, mais gageons qu'il sera fier d'être le fils d'un écogarde, protecteur de la RNC !

 

BB Oumar

 

     Enfin, pour n'oublier personne, je vous fais part de la naissance des nouvelles feuilles de baobab 2012... l'hivernage approche ! Souhaitons-leur bonne chance et d'échapper cette année à la dangereuse hâche des transhumants ;-)

 

feuille bao

Published by Claire - dans La vie là-bas
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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 16:30

Lettre11 couv

 

Sommaire :

 

Editorial : Saïdou Kane, Président du Conseil rural de Sinthiou Fissa, Président du CORENA

>> Les CPN du Boundou, en marche !

>> L'équipement des comités de vigilance continue...

>> Les ruches traditionelles... de retour ?

>> Une ambulance pour Toumboura

 

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 10:42

Ambulance Baba1

Remise des clés par Baba Sada Sow au Président du conseil rural de Toumboura, Bacary Gassama

 

      Domaine d’intervention prioritaire de l’Association Osons Ensemble Inventer l’Avenir créée et présidée par Baba Sada Sow, la santé publique fait l’objet d’actions au service d’une meilleure accessibilité de tous aux services de base. C’est ainsi que répondant à la demande des populations de la poche de la Falémé et aux élus de la Communauté rurale de Toumboura et de Madina Foulbé, une ambulance médicalisée, don du Service départemental d’incendie et de secours de la Drôme, a été acheminée à Toumboura.

 

     Comme en 2007 lors de l’acheminement d’une ambulance pour le poste de santé de Koussan, c’est par la route que Baba Sada Sow et son équipier, Antoine Barbeyer, ont relié la capitale drômoise (Valence) et le village de Toumboura.

 

     La cérémonie officielle de remise des clefs de l’ambulance s’est déroulée le dimanche 15 avril à Toumboura en présence des autorités coutumières locales, administratives et politiques. A cette occasion, les différents intervenants (Monsieur Bacary Gassama, président du conseil rural de Toumboura, Monsieur Maoudo Gassama, président du comité de santé et Monsieur Mame L. Faye, infirmier chef du poste de santé de Toumboura et les chefs des villages environnants des communautés rurales de Toumboura et de Madina Foulbé) ont vivement remercié et chaleureusement félicité Baba Sada Sow pour avoir résolu un problème d’évacuation des malades. Ils ont tous promis de veiller à l’entretien de l’ambulance médicalisée.

 

     Dans son discours, Baba Sada Sow a vivement remercié l’Ambassade du Sénégal à RABAT et plus particulièrement le premier Conseiller de l’Ambassadeur, Madame Marie Gnama Bassene, pour leur appui auprès des autorités douanières marocaines afin d’obtenir l’autorisation de transit de l’ambulance par le Maroc.

 

 

Association Osons Ensemble Inventer l'Avenir

 

Ambulance Baba2

Remise du matériel médical au poste de santé de Toumboura

Ambulance Baba3

Aller laver l'ambulance à la Falémé, une idée un peu ambitieuse... n'est-ce pas Antoine ?

 

18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 15:54

Diakhite 3

     Décidément, à chaque fois que l'on retourne chez Mamadou Diakhité de Toumboura, on trouve quelque chose de nouveau. Cette fois-ci, de passage en allant déposer le matériel pour le poulailler scolaire de Goundafa (je vous en parlerai bientôt...), nous trouvâmes que la basse-cour de Mamadou s'était enrichie.... de canards ! Car oui, maintenant, Mamadou voit grand et il prépare la prochaine saison de reproduction.

 

     C'est ainsi que nous avons pu voir ses aménagements : nouveaux petits poulaillers traditionnels pour que chacun trouve sa place, achat de pintades reproductrices pour renouveler le patrimoine génétique de son troupeau, cage en fer pour protéger les futurs poussins... autant dire que Mamadou a très vite compris les notions d'entreprenariat, de prise d'initiative, d'organisation et d'anticipation... Espérons que sa volonté montre l'exemple !

 

Diakhite 3c

Mamadou Diakhité, nouveau Vice-Président, donne son numéro de portable à Abdoulaye

 

Diakhite 3b

Le coq du Limousin de Mamadou Diakhite se porte plutôt bien...

si l'on en croit la vingtaine de poussins croisés présents dans la cour !

 

AG SNK4

Un des premiers poussins croisés "local-Limousin"

18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 15:39

     Voici un article paru dans le journal "La Montagne" du 17 avril 2012, au sujet de l'action d'appui aux aviculteurs de la RNC du Boundou par le PNR de Millevaches...Enjoy !

 

 

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Couv article PNR

Présentation


L'  A V E N T U R I E R E

Claire, 30 ans, écologue 
passionée par l'Afrique... et surtout par le Sénégal ! Mon portrait

L E   P R O J E T

Afin de préserver un milieu dégradé et de promouvoir le développement local dans une région de l'Est du Sénégal, le projet de Koussan vise à reconvertir une ancienne zone de chasse en zone de préservation de la nature et de tourisme naturaliste... En savoir plus

claire@projet-koussan.com

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