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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 10:52

Ruchetrad1

 

     Dans la zone de Talibadj, un de nos apiculteur, Mamadou Camara (vous savez, celui qui fait 40km à pied pour venir aux réunions), a remis au goût du jour les ruches paniers. Ces ruches traditionnelles étaient utilisée par les anciens, qui pratiquaient donc déjà l'apiculture, puis furent petit à petit abandonnées... soit disant que les herbes utilisées pour sa confection étaient devenues rares, que les abeilles étaient moins présentes, etc...

 

     Mais depuis que le projet d'amélioration de l'apiculture dans la RNC est en place, certains apiculteurs se sont remotivé pour confectionner de nouveau ces ruches "panier", évidemment bien moins cher que les ruches kenyanes. A titre d'information, une ruche kenyane coûte 25000Fcfa (40€), alors qu'une ruche panier peut-être fabriquée pour 2000 à 3000F (3 à 4,5€).

 

     Mamadou Camara, un des rares possédant encore la technique de confection, s'est donc essayé avec 3 ruches. Puis Yéro Diallo, notre tuteur à Talibadji, lui en a commandé 12. Ainsi 15 ruches paniers ont été installées près du village. Ces ruches furent rapidement peuplées, mais plusieurs problèmes se posèrent. Tout d'abord, 2 ruches placées trop près des champs durent être descendues, car les abeilles attaquaient les agriculteurs. Et une fois descendues, les ruches se cassèrent. D'autres cédèrent toutes seules à cause du poids du miel. Il reste encore une ruche peuplée, que Camara surveille de près... Car le secret de l'utilisation de ces ruches est apparemment un suivi régulier pour récolter au bon moment.

 

Ruchetrad2

 

     Une ruche panier, c'est 3 éléments végétaux : l'herbe sèche (de l'espèce "cellal", la plus résistante et attirant les abeilles), l'écorce de Mitragyna inermis ("kooli"), et du bambou. L'herbe est tressée en cercles, joints entre eux avec l'écorce de mitragyna pour former un cylindre. Ce cylindre est clôt de chaque côté par un bouchon lui aussi tressé, et fixé avec les pointes de bambou. Les bouchons sont rendus étanches grâce à un badigeon d'argile et de bouse de vache. Deux petits trous sont placés de chaque côté. Enfin, il reste à placer la ruche au bon endroit, en haut d'un arbre, en l'attachant avec une corde à un bâton en bois. On savait Mamadou Camara marcheur, on le connait maintenant acrobate ! Pourtant à son âge... la ruche que vous voyez est à plus de 5 m de haut, à la cime d'un Cordyla pinata ("Duuki" ou "Dimb").

 

     Des matériaux recyclables et disponibles localement, c'est un gros avantage. Le faible coût est uu autre avantage certain. Par contre, telles qu'elles sont construites et placées, elles se sont fragiles, pas faciles a manipuler, et il n'est pas possible de récolter sans casser le corps... et donc détruire la colonie. Un peu d'imagination sera donc nécessaire afin de réutiliser ces ruches locales !

 

Ruchetrad3.jpg

Vue de profil (les abeilles entrent sur le côté gauche)

 Ruchetrad 4

Vue de derrière

 

 


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Published by Claire - dans Apiculture - SAD
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L'  A V E N T U R I E R E

Claire, 30 ans, écologue 
passionée par l'Afrique... et surtout par le Sénégal ! Mon portrait

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Afin de préserver un milieu dégradé et de promouvoir le développement local dans une région de l'Est du Sénégal, le projet de Koussan vise à reconvertir une ancienne zone de chasse en zone de préservation de la nature et de tourisme naturaliste... En savoir plus

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