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22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 17:01

 

     En pleine saison sèche, la Falémé se révèle être un site fabuleux pour l'observation des oiseaux. Il suffit de marcher une petite heure le long des berges pour être comblé par le passage de toute sortes d'espèces, d'ici et d'ailleurs. En quantité certes limitée, mais c'est ce qui rend l'observation encore plus appréciable !

 

     Après notre passage en mars dernier, entre Toumboura, Sansanding et Goundafa, voici quelques unes des espèces que nous avons pu voir... dont certaines nouvelles, comme quoi on en découvre tous les jours dans le Boundou !

 

Les transhumants.

Hrustique Hirondelle rustique, Hirundo rustica

 

        Comme pour les éleveurs, il y a les oiseaux transhumants, qui viennent du Nord et qui vont au Sud, là où les conditions sont meilleures. Et comme pour les éleveurs, il y a ceux qui ne font que passer, et ceux qui établissent leur camp plusieurs mois, se contentant des conditions modestes proposées par la Falémé. Et puis il y a les petits transhumants, les locaux qui, pendant la période la plus sèche, se rapprochent des points d'eau restant.

 

     C'est entre le dispensaire et la plage de Toumboura que j'ai pu observer cette hirondelle rustique (Hirundo rustica) jouer avec le vent, s'accrochant par moment aux rares herbes sèches et se laissant approcher à 2 mètres à peine. Je ne l'avais vu qu'une fois dans la réserve, en septembre 2008 à Koussan. Elle ne doit pas s'arrêter longtemps ici, son site d'hivernage étant bien plus au sud (Cameroun, gabon...).  Elle fait donc partie des transhumants de passage, furtifs et aléatoires... Une chance de l'observer lors de son passage retour pour l'Europe !

 

echasse blanche

 Echasse blanche, Himantopus himantopus

 

     D'autres transhumants campeurs sont également présents, pour quelques semaines à quelques mois et en plus grand nombre : la bergeronnette printanière (Motacilla flava), le chevalier aboyeur (Tringa nebularia), le chevalier guignette (Tringa hypoleucos), le chevalier sylvain (Tringa glareola), l'échasse blanche (Himantopus himantopus), la tourterelle des bois (Streptotelia turtur), la pie-grièche à tête rousse (Lanius senator).

 

Et pour la première fois, j'observe le petit gravelot (Charadrius dubius) et un petit transnhumant, la rynchée peinte (Rostratula benghalensis) ! (Merci Alexis)

 

 

 

Les chasseurs-pêcheurs.

Martin pie

Martin-pêcheur pie, Ceryle rudis

 

     Parmi les locaux, toujours là quel que soit la saison, il y a ceux qui règnent sur la rivière. Ils ne sont pas les plus gros, mais quoique l'on fasse, ou que l'on soit, ils sont là. Il se nourrissent de poissons ou d'insectes, survolant incessemment le cours d'eau et plongeant comme une pierre quand ils ont repéré leur proie... technique impressionnante, mais qui ne marche pas à tous les coups ! Le plus commun de la famille, le martin-pêcheur pie (Ceryle rudis). C'est à Toronga, au sud de Goundafa, que j'ai pu photographier ce dernier, qui réétudiait sa tactique de chasse après plusieurs plongeons infructueux... est-ce un mâle ou une femelle ? Je ne peux pas le dire, il faudrait qu'il se retourne : les mâles ont 2 colliers noirs autour du cou alors que les femelles n'en n'ont qu'un.

 

     Dans la réserve, j'ai pu observer 4 autres espèces d'Alcédinidés : le martin-chasseur à tête grise (Halcyon leucocephala), le martin-chasseur du Sénégal (Halcyon senegalensis), le petit martin-pêcheur huppé (Alcedo cristata), et le plus gros d'entre eux, le martin-pêcheur géant (Megaceryle maxima).

 

 

 

Les troglodytes.

Ptguep vert

Petit guêpier vert, Merops orientalis

 

     Alors que l'eau semble être l'intérêt majeur de la Falémé, d'autres espèces y trouvent également des terrains constructibles. En effet, en se rapprochant de la rivière, le ruissellement de l'eau pendant l'hivernage crée des sortes de petits ravins, voire des falaises, comme les tsyngy de Madagascar en miniature. De superbes emplacements pour des immeubles à guêpiers ! Ces derniers creusent leur nid à même la terre, des terriers de plus d'un mètre de long, en petit groupe ou en large colonie. Hormis le petit guêpier vert (Merops orientalis), le guêpier à gorge rouge (Merops bullocki) et le guêpier nain (Merops pusillus) sont présents dans la zone.

 

 

Les discrets...

Camarop gris

Camaroptère à dos gris, Camaroptera brachyura

 

     Dès que l'on quitte le cours d'eau, il faut s'enfoncer dans un fouilli inextricable d'acacias et de jujubiers avant de retrouver la savane arbustive classique. Cette petite forêt galerie n'est pas bien large, mais quelle galère pour s'y faufiller avec son attirail de photographe ! L'expérience vaut tout de même le coup, car en faisant bien attention, on peut y voir toute sorte de petits piafs (de la racaille pour certains) d'une grande diversité. Et quand ils sont occupés à essayer d'avaler une larve d'abeille maçonne plus grosse qu'eux, comme ce camaroptère à dos gris (Camaroptera brachyura), on a alors tout le loisir de les photographier... enfin si on arrive à éviter les branchages entre lui et l'appareil !

 

 

Les surprises !

Gduc verreaux

Grand-duc de Verreaux, Bubo lacteus

 

histoire Gd

Extrait du carnet de voyage (Merci à Elsa pour la découverte, et à Alexis pour les dessins !)

 

 

 

Les Grands Classiques !

Rollier abys

Rollier d'Abyssinie, Coracia abyssiniica

 

     Lui c'est la star du pays. On a beau le voir partout et tout le temps, on ne s'en lasse pas. Lui, c'est le rollier d'Abyssinie (Coracias abyssiniica). Il subjugue le visiteur novice dès son entrée au Sénégal, visiteur qui à peine arrivé me pose fébrilement la même et éternelle question : "Dis-moi Claire, on a vu un oiseau bleu MAGNIFIQUE, tu sais, turquoise avec une longue queue comme une hirondelle mais en plus gros, qu'est-ce que c'est ?" et moi de répondre gentiment : "Hum... cela doit être le rollier d'Abyssinie, je présume..." en laissant planer le doute pour ne pas casser cette sensation de découverte époustouflante... (n'ayez pas honte si vous m'avez posé la question, tout le monde tombe dans le panneau !).

 

     C'est qu'il a bien étudié son affaire, le rollier. Il arbore un plumage éclatant, fait d'un dégradé de tous les bleus possibles et inimaginables, ponctué de touches brunes sur le dos et d'un sourcil blanc, qui constrastent parfaitement avec le bleu général. Peu farouche, il vient prendre la pose tout près de vous, n'hésitant pas à montrer ses talents de chasseurs au touriste ébloui... Non, vraiment il est fort ce rollier...

 

      Pourtant, je me demande si la densité de rollier n'est pas supérieure à la densité humaine dans la zone. Alors que dans la région de tamba on tourne autour de 5 habitants par km2, je suis sure que le rollier fait mieux. Etre si commun et faire croire à tout le monde qu'on est le plus beau... Et dire que même moi, connaissant son petit manège, je continue de le photographier 4 ans après... non, vraiment il est fort ce rollier !

 

 

 

Et le petit dernier pour la fin !

bebe chevre

 

     Bon, je vous l'accorde, il n'a pas de plume et possède 4 pattes... c'est un bébé chèvre ! Que j'ai trouvé le long de la Falémé, en regardant justement les oiseaux. Il était couché au milieu d'un ravin, tout seul, à un kilomètre de Sansanding alors que la nuit allait tomber... La mère avait du mettre bas en brousse et laisser le petit, incapable de rentrer au village. De peur qu'il ne se fasse croquer par une hyène, je le pris sous le bras et fis le tour du village à la recherche de la mère. Heureusement, le petit n'attendit pas une heure avant que la maman n'accoure, conduite par une villageoise qui avait entendu dire que "la toubab avait ramené un petit" !

 

 

La Falémé recèle de nombreuses surprises, nous fait de beaux cadeaux... venez la découvrir !!!

 

 

 

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Published by Claire - dans Faune
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commentaires

Agathe 23/03/2011 15:18


L'idée est bien séduisante et je la garde dans un coin de ma tête !


Agathe 23/03/2011 14:14


Toujours de superbes photos et une belle écriture. Tes récits imagés nous transportent par chez toi. Un vrai plaisir à chaque fois !


Claire 23/03/2011 14:17



Merci Agathe ! Mais c'est pour mieux vous attirer par chez moi... peut-être en vrai un jour ????



Présentation


L'  A V E N T U R I E R E

Claire, 30 ans, écologue 
passionée par l'Afrique... et surtout par le Sénégal ! Mon portrait

L E   P R O J E T

Afin de préserver un milieu dégradé et de promouvoir le développement local dans une région de l'Est du Sénégal, le projet de Koussan vise à reconvertir une ancienne zone de chasse en zone de préservation de la nature et de tourisme naturaliste... En savoir plus

claire@projet-koussan.com

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