Cette fois-ci c’est au sud-est de notre zone, au bord de la Falémé, que nous sommes partis à l’aventure. Doudou Abdoulaye et moi avons donc rejoint (en moto, comme toujours !) les deux petits villages Diakhanké de Toumboura et Sansanding, afin de mieux connaître ce petit coin de notre brousse. Notre objectif était d’enquêter auprès de la population pour avoir une première idée de l’évolution du milieu au cours des dernières années, mais aussi pour connaître les principales difficultés des villageois et leur sentiment vis-à-vis de la création de la future réserve.
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| Les femmes font le linge sur la plage de Sansanding. | Les jeunes pêchent les poissons au filet à Sansanding. |
Là-bas, même si nous ne sommes qu’à une trentaine de kilomètres de Koussan, dans la même « brousse », la présence quasi-permanente de l’eau change radicalement le décor. Là-bas, tout se passe autour du fleuve. Les femmes viennent y puiser l’eau, faire le linge et la vaisselle, tandis que les enfants jouent sur les plages et pêchent quelques poissons. Les bords du fleuve, fertiles, permettent aux habitants de faire un peu de maraîchage, et de petits jardins verdoyants jalonnent alors les berges entre Toumboura et Sansanding.
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Cependant, les villageois ne sont pas les seuls à profiter de la Falémé, et dès le début de la saison sèche, se sont les transhumants qui arrivent par centaines, avec leurs troupeaux de vaches, chèvres et moutons. Qu’ils soient simplement de passage (en route vers le sud) ou bien installés sur la zone, ils font paître leurs animaux dans la forêt et les font s’abreuver au fleuve.
On les accuse d’ailleurs bien souvent de déclancher ces fameux feux de brousse, feux qui ravagent la savane à cette période de l’année, afin de faire de la place pour le passage de leurs troupeaux… On les accuse également de couper les arbres, afin de donner les branchages en pâture à leurs bêtes quand l’herbe manque… voire de chasser le petit gibier pour leur consommation personnelle…
Sont-ils les seuls responsables de ces faits ? Sont-ils les seuls à mettre le feu, à chasser, à prélever du bois sur la zone… ? Quoi qu’il en soit, la pression humaine devient en saison sèche tellement importante, qu’on ne peut pas s’étonner que d’année en année, des arbres disparaissent et ne se régénèrent pas, que l’eau vienne à manquer, que la faune sauvage recule…
Et la population en est bien consciente ! Elle a besoin des arbres : pour construire les habitations, pour récolter quelques fruits (si rares ici), pour en extraire des remèdes traditionnels… Elle sait aussi leur importance au niveau du cycle des pluies : s’il n’y a plus d’arbre, il n’y aura plus d’eau, et donc plus d’herbe pour le bétail…
C’est pour cela que partout où nous sommes allés, nous avons trouvés des échos favorables à la création d’une réserve naturelle. Non seulement la population est favorable, mais elle est aussi motivée pour agir.
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« Il faut protéger la forêt », c’est la phrase que chacun nous a dit là-bas… espérons qu’elle soit de bon augure pour la suite du projet !
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