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Les aventures d'une volontaire française et des populations d'une petite réserve naturelle communautaire de la région de Tambacounda, SENEGAL.

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Impressions de... ma maman

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     A
vant de vous livrer ma perception de votre projet suite à ce séjour de trois semaines parmi vous, qui m’a au combien ravie, je dois préciser que je n’avais jusque là jamais voyagé en Afrique. Tout a été nouveau pour moi. Le dépaysement était quotidien et je remercie ma fille de m’avoir fait découvrir ce bout du monde qui lui est si cher.
 
     Comment ne pas parler des moyens de transports ? Deux étapes précédant l’arrivée à Koussan : Tambacounda distante de 500 km de Dakar et Goudiry distante de 130 km de Tamba. Reste alors 40 km pour rejoindre Koussan. Ce n’est pas la distance qui compte mais le temps nécessaire pour la parcourir. Il est d’autant plus long que les taxis ne partent que lorsqu’ils sont complets. Il faut bien compter neuf heures de route jusqu'à Tamba, pendant lesquelles vous êtes recroquevillé à l’arrière d’un véhicule qui n’a de voiture que le nom. L’état de la route pour rejoindre Tamba est épouvantable et malgré l’adresse des chauffeurs pour éviter les trous, il est inévitable d’éclater un pneu. En témoignent les multiples débris de pneumatiques qui jalonnent la route. Un instant, je me suis crue dans le film « Rasta Rockett » au sein de l’équipe jamaïcaine de bobsleigh.
 
Les villes et les villages se succèdent. L’animation y est intense. Bêtes et gens foulent la terre battue jonchée de déchets en tout genre. Les sacs d’emballage en plastique envahissent tout. Que doit-on penser du progrès ? Les panneaux publicitaires d’Orange nous souhaitant bonne route à la sortie de chaque ville paraissent bien dérisoires !
 
Le climat bien sûr contribue au dépaysement. Il n’est plus besoin de se défendre contre les agressions de l’hiver. La détente est immédiate. Dès lors, chacun adapte naturellement ses activités au rythme du soleil. Aux heures les plus chaudes, on vit dehors, sous les Mbars, plutôt que sous les toits des maisons, où la tôle a malheureusement remplacé les couvertures de roseaux.
 
Au village de Koussan l’absence d’eau et d’électricité ne rend pas la vie facile, mais cela renforce la solidarité et la convivialité entre les villageois. Les jardins du groupement de femmes en sont un très bel exemple. Pour nous « Toubabs » le partage des corvées quotidiennes facilite notre intégration. Autour des points d’eau les contacts et les échanges sont spontanés. Confrontée aux fonctions essentielles, tout devient simple.
 
J’en viens au vif du sujet, mon sentiment à propos de votre projet.
 
Majesté des baobabs et des palmiers, paysages insolites des mares, contraste des couleurs, magie de l’eau, tous ces souvenirs remontent à ma mémoire et me rappellent la quiétude des lieux. Le site de la Falémé et sa découverte en pirogue à la tombée du jour remporte la palme de la fascination.
 
L’écoute et l’observation des nombreuses variétés d’oiseaux, aux chants inconnus, compensent largement les visions furtives d’une famille de phacochères ou de singes patas, dont les traces sont clairement visibles dans l’argile humide. Grands et petits calaos deviennent vite familiers.
 
Seul point négatif, le spectacle de désolation laissé après le passage des troupeaux de moutons guidés par les transhumants : arbustes massacrés, surpâturage, piétinement des lieux d’abreuvement ... Toutefois, dans ce décor dévasté émergent des constructions faites de branchages, abris et enclos d’une nuit, qui témoignent de leur savoir-faire. 
Les villages offrent une qualité esthétique indéniable avec leurs palissades en bois, leurs constructions d’argile couvertes de roseau, leurs petits édifices destinés au repos des hommes, les abris pour les animaux, le four du boulanger ...
 
L’accueil a été sincère et authentique et je remercie Doudou et Abdoulaye pour la spontanéité de leur accueil, et aussi Walli, Babani, Diouldé… Je suis impatiente de revenir parmi vous.
 
 
 
« Maman Claire »

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Myriam CLEMENT
Chargée de mission
PNR de Millevaches en Limousin

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