Les aventures d'une volontaire française et des populations d'une petite réserve naturelle communautaire de la région de Tambacounda, SENEGAL.
C'est en janvier dernier, à Dakar, que j'eus la surprise d'apprendre qu'un chantier de fouilles archéologiques venait de démarrer au sud de notre future réserve, près du village de Sansanding.
J'aurais cependant très bien pu passer à côté de cette nouvelle très intéressante, puisque c'est par hasard que ma mère et moi sommes tombées sur un des archéologues sénégalais du chantier, dans le 7-places qui nous ramenait à Tamba ! Eh oui, les transports en communs ont quand même du bon, ils permettent de faire des rencontres inattendues, notamment pendant les pannes... !
Bref, intriguée par cette histoire de fouilles, je décidai d'aller y jeter un œil. Abdoulaye et moi partîmes donc en moto pour nous rendre sur le site, à près de 50 km de Koussan...
C'est au fond de son trou, avec sa malle et sa pioche d'Indiana Jones, que j'ai trouvé Cameron, le jeune archéologue Américain de l'équipe. Il était le seul encore présent : Martar (le sénégalais rencontré dans le taxi brousse) était à Dakar, la voiture en panne à Tamba et le chauffeur malade à Dakar ! Cameron poursuivait donc les fouilles en charrette avec ses 3 petits aides de chantiers locaux. Eh oui, la brousse c'est dur pour tout le monde !
Tout content d'avoir une touriste sous la main, Cameron me fit la visite du site, en m'expliquant le but de ces recherches, puisqu'il débutait sa thèse sur la succession des modes de vies dans cette partie de l'Afrique, de l'âge du fer jusqu'à l'arrivée des colons.

Le site de Sansanding, découvert quelques années plus tôt par des archéologues sénégalais, est constitué de quatre anciens petits villages de quelques cases chacun, facilement repérable par les cercles de pierres formant la base des cases. Les sondages effectués montrent que de nombreux villages se sont succédés sur ce même site au cours des siècles. En creusant, on trouve de nombreux morceaux de poteries, des pierres taillées, des restes d'animaux, des traces de foyers...
Cameron nous conduisit donc entre les différents « villages », distants de quelques centaines de mètre les uns des autres. En marchant, nous remarquons tous ces petits morceaux de canaris brisés qui refont surface et qui parsèment littéralement le sol. Avec leur couleur ocre et noire et leurs motifs géométriques, ils donnent une beauté toute particulière au site.
Tout en continuant notre chemin, Abdoulaye se mit à ramasser tous les tessons de poterie qu'il voyait devant lui. Comme à chaque fois que je vois un Peul faire quelque chose de bizarre c'est qu'il y a du gri-gri dans l'air, je le questionnai sur ce fait et il me fit la réponse suivante :
« Mon grand-père disait : si tu ramasses beaucoup de morceaux de canaris, que tu les trempes dans l'eau et que tu les jettes, alors tu vivras autant d'années que tu as lancé de morceaux de canaris. Mon grand-père avait ramassé une fois 83 morceaux... eh bien il est mort à 83 ans ! ».
Je ne sais pas si ça marche vraiment, mais vu les quantités de morceaux que Cameron a déjà collecté et mis en sachet, il peut être rassuré sur sa vie future !
Grumm, pour en revenir à des faits plus concrets... les études venant de commencer, il faudra attendre quelques temps pour retracer l'histoire de cet endroit. Mais Cameron m'a promis de me tenir au courant des avancées de ces recherches ! Quoi qu'il en soit, tout cela me donne des idées pour le plan d'interprétation de la réserve : aménagement du chantier, sortie avec les clubs nature... ce site pourrait être l'entrée de la découverte de l'histoire du boundou !
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| Au sol, les pierres dessinent de nombreux cercles, dessinant ainsi la base des anciennes cases des villages. | De nombreux tessons de poterie sont éparpillés sur le sol, certainement des morceaux de "canaris", ces jarres utilisées encore aujourd'hui pour garder l'eau fraîche. |