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Les aventures d'une volontaire française et des populations d'une petite réserve naturelle communautaire de la région de Tambacounda, SENEGAL.

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Opération « Plein Soleil »






Ah le soleil... le soleil du mois d'avril, les 40°C à l'ombre, les 50°C avec effet du vent...


Avril, mai, juin... les mois les plus chauds avant la délivrance des premières pluies...

 

Vous l'aurez compris, les conditions étaient donc idéales pour faire notre petit tour des villages du Sud de la zone, afin de fixer les nouvelles limites de la réserve établies lors du comité de suivi de février dernier.

 

C'est donc plein d'entrain que Doudou et moi préparâmes nos petits sacs et notre ration de survie (corned-beef et sardines), pour faire notre tournée « camping » dans les villages les plus éloignés de Koussan...

 

Mais malgré notre optimisme initial, dès le premier jour, nous comprîmes rapidement notre malheur ! Car de 9h à 18h, il ne fait pas bon traîner dehors, encore moins à 2 sur une moto, harnachés comme des cosmonautes et traînant misérablement derrière nous nos dizaines de kilos de bagages... Le trajet Goudiry-Koussan fut donc déjà en lui-même une épreuve redoutable ! (Sans parler du mini-virus IUFM qui avait décidé de me tenir compagnie pendant toute la mission !).

 

Mais comme l'équipe tout terrain ne recule devant rien, nous partîmes comme prévus en moto, au soleil, au sud...

 

Et franchement, je peux vous le dire, on en a bavé !!!!

 

Cependant, cette canicule, qui nous obligea à passer de nombreux après-midi dans les villages, nous permis de partager les difficultés que vivent les villageois au quotidien, du fait de la chaleur certes, mais aussi du manque de vivres à cette époque de l'année. Pourtant, ils semblent bien mieux supporter tous ces petits désagréments que nous... l'habitude peut-être... ou les gènes, je ne sais pas ! En tout cas, pendant que nous attendions désespérément que la journée passe dans nos cases, les villageois continuaient leurs activités : aller puiser de l'eau, conduire paître les troupeaux, piler le maïs...

 

Vue depuis une case de la maison du chef de Bankouba, un après-midi d'avril...

Vue depuis la case du chef de Kaparta, un autre après-midi d'avril...



Nous avons donc ainsi parcourus les villages d'est en ouest, en passant par Goundafa, Bancouba, Kaparta, Parawol, Néma, Gourel Alassane, Gourel Demba, Fass, Diarendi, Hamdallah... Autant de petits villages de moins d'une centaine d'âmes, ne possédant ni école, ni dispensaire, ni téléphone, ni boutique, ni pompe... Non là bas, au Sud, dans cette zone presque inaccessible, les gens ne vivent que de la culture de céréales et de l'élevage. Ils ne disposent généralement que de quelques puits pour l'eau, n'ayant pas eu la chance d'avoir des immigrés qui leur apportent les équipements de base que nous trouvions dans les villages du Nord.



Ils se sentent d'ailleurs oubliés, loin dans la brousse, alors qu'ils ne demandent pourtant pas grand-chose : juste de l'eau, en quantité suffisante pour tenir toute la saison sèche... Ils tentent même de faire de petits jardins individuels, de planter des manguiers (chose qui nous n'avons vu dans les villages du nord !), mais là encore, l'eau est le facteur limitant.

 

Se désignant eux-mêmes comme des illettrés, ils comprennent pourtant très bien les problèmes liés à leur environnement, et sont véritablement partants pour intégrer la future réserve : la forêts est en danger, beaucoup de personnes l'exploitent, les feux l'attaquent... et c'est alors les pâturages qui sont menacés, et donc leurs troupeaux... et comme nous l'a dit très humblement le chef du petit village de Diarendi, le village le plus éloigné de tous :

 

« Notre bétail est notre seule richesse. Nous n'avons rien d'autre, nous ne connaissons rien d'autre. S'il n'y a plus de quoi faire paître nos animaux, alors nous n'aurons plus rien, nous disparaîtrons. »

 

Moi qui avais toujours eu du mal à comprendre pourquoi les Peuls persistaient à élever leurs immenses troupeaux, alors qu'ils avaient autant de mal à les entretenir, j'obtenais enfin un petit bout de réponse...

 

Voilà donc ce que nous aurons appris pendant cette mission. Et je tiens particulièrement à remercier les chefs de Bankouba et de Kaparta, qui nous accueillirent comme des rois plusieurs jours, malgré les temps durs !

 

 

 Le petit village de Kaparta, 38 habitants



PS : Si toutefois cet article vous a ému et que vous avez eu pitié non seulement de ces petits villages peul, mais aussi de l'équipe tout terrain de Koussan, vous pouvez faire un don à Tétraktys en précisant « Opération Help Koussan ».

 

Par ailleurs, si vous possédez certains petits matériels (frigo solaire, climatiseur solaire, glacière, casquettes à ventilateurs incorporés, évantails...) ou même juste des glaçons (c'est l'intention qui compte), vous pouvez également les envoyez à Tétraktys, et Raphaël se fera un plaisir de nous les apporter sur place !!!

 

Merci par avance,

 

L'équipe tout terrain qu'en bave.

 

 

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